Écrans et publics

Éducation à l'image : comment les élèves découvrent le cinéma en salle

Écrans et publics · · Publié le 2026-10-22

Image en noir et blanc d'ouvrières et d'ouvriers en tenue de la fin du XIXe siècle sortant par le grand portail d'une usine
Photogramme de La Sortie de l'usine Lumière à Lyon (1895), l'un des premiers films projetés en public, souvent montré aux élèves. Wikimedia Commons, domaine public.

En France, une grande partie des enfants et des adolescents voient chaque année au moins un film en salle avec leur classe. Ce n'est pas un hasard : depuis plusieurs décennies, l'État, les collectivités, les salles de cinéma et les enseignants ont construit des dispositifs d'éducation à l'image qui associent projection en salle, travail en classe et formation des enseignants. Dans les territoires ruraux comme le Quercy, ces dispositifs font aussi vivre les cinémas de proximité.

L'essentiel

Le dispositif scolaire national s'appelle aujourd'hui Ma classe au cinéma. Il regroupe Maternelle au cinéma, École et cinéma, Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma. Selon le Centre national du cinéma et de l'image animée, près de deux millions d'élèves et d'apprentis y découvrent chaque année le cinéma en salle. Hors temps scolaire, Passeurs d'images, lancé en 1991, s'adresse aux publics éloignés de la culture, en priorité les jeunes.

Le principe : voir en salle, travailler en classe

Les dispositifs scolaires reposent sur une idée simple : un film se découvre d'abord sur grand écran, dans une vraie salle, avec d'autres spectateurs. La classe se rend au cinéma plusieurs fois dans l'année pour voir des films choisis dans un catalogue national, puis l'enseignant prolonge la séance en classe à l'aide de documents pédagogiques conçus pour chaque film.

Les catalogues mêlent classiques et films récents, fictions, animations et documentaires, œuvres françaises et étrangères en version originale sous-titrée. Ils sont établis par des commissions qui associent professionnels du cinéma et de l'éducation. Les enseignants participent à des journées de formation, souvent organisées dans la salle partenaire, avec des intervenants spécialisés.

Les dispositifs de Ma classe au cinéma

Les quatre volets du dispositif scolaire national
VoletPublicCe qui change selon l'âge
Maternelle au cinémaÉlèves de maternelleProgrammes courts, souvent de l'animation, découverte de la salle et de ses rituels.
École et cinémaÉlèves de l'école élémentaireLongs métrages et programmes de courts, premiers outils d'analyse.
Collège au cinémaCollégiensFilms plus variés, travail sur la mise en scène et le point de vue.
Lycéens et apprentis au cinémaLycéens et apprentis des centres de formationFilms plus exigeants, rencontres avec des professionnels, ouverture au documentaire et au patrimoine.

Ces dispositifs sont pilotés au niveau national par le ministère de l'Éducation nationale, en partenariat avec le ministère de la Culture et le CNC, et coordonnés dans chaque département ou région par des coordinations qui associent l'Éducation nationale, une salle ou une association de cinéma et les collectivités. L'inscription d'une classe dépend donc de l'existence d'une coordination locale et des places disponibles : renseignez-vous auprès de la direction des services départementaux de l'Éducation nationale ou de la salle partenaire.

Hors de l'école : Passeurs d'images et pôles régionaux

Passeurs d'images, lancé en 1991, s'adresse aux jeunes et aux publics éloignés de la culture en dehors du temps scolaire : ateliers de réalisation, projections en plein air l'été, séances dans les quartiers et les zones rurales. Il s'appuie sur un réseau de coordinations régionales.

Le CNC et les directions régionales des affaires culturelles soutiennent aussi, depuis 1999, des pôles régionaux d'éducation aux images. Ces structures forment les intervenants, mettent en relation les acteurs et développent des projets sur tout le territoire. D'autres dispositifs nationaux existent pour des publics particuliers : ateliers de réalisation en éducation prioritaire, jeunes suivis par la protection judiciaire de la jeunesse, élèves de sections d'enseignement adapté, jurys de lycéens.

La place du documentaire

Le documentaire occupe une place de choix dans l'éducation à l'image. Il oblige à se poser des questions essentielles : qu'est-ce qui est filmé tel quel, qu'est-ce qui est mis en scène ? Qui parle, et qui a choisi les images ? Comment le montage oriente-t-il notre compréhension ? Ces questions, que nous détaillons à propos des genres du documentaire, sont au cœur de l'éducation aux médias et à l'information.

De nombreuses classes réalisent aussi leur propre court documentaire, sur leur école, leur village ou un métier. L'exercice apprend à cadrer, à interroger, à choisir. Il montre surtout que toute image est le résultat de décisions.

Pourquoi c'est essentiel pour les salles rurales

Pour un cinéma d'une petite ville ou un circuit itinérant, les séances scolaires représentent une part importante de l'activité en semaine, et elles forment les spectateurs de demain. Elles justifient aussi des investissements, comme l'équipement numérique ou l'accessibilité, et elles renforcent le lien entre la salle, les écoles et la commune. C'est l'une des raisons pour lesquelles les collectivités soutiennent souvent les transports des élèves vers la salle.

Les cinémas de proximité classés art et essai disposent fréquemment d'un label « Jeune public » qui reconnaît ce travail d'accompagnement.

Pour les parents et les enseignants

Sources