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Le Mois du film documentaire : comment novembre est devenu le mois du doc

Festivals · · Publié le 2026-10-21

Bobines de film 35 mm et boîtes de transport colorées empilées dans une cabine de projection
Bobines et boîtes de transport de films 35 mm. Photo : christian razukas, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Chaque année en novembre, des médiathèques de village, des salles de cinéma, des foyers ruraux, des établissements scolaires et des associations organisent des projections de films documentaires, souvent suivies d'un débat. Ce rendez-vous national s'appelle le Mois du film documentaire, ou « Mois du doc ». Il a contribué plus que tout autre à faire voir le documentaire de création en dehors des grandes villes, et il s'appuie sur un réseau dense d'acteurs locaux.

Repères

Le Mois du film documentaire a été lancé en 2000 par l'association Images en bibliothèques, avec le soutien du ministère de la Culture et du Centre national du cinéma et de l'image animée. Il se déroule chaque année en novembre. Chaque structure participante choisit librement ses films et organise ses séances ; des coordinations régionales et départementales accompagnent les participants. Nous ne publions pas de programme : pour trouver les séances près de chez vous, consultez le site officiel de la manifestation et ceux des coordinations.

Une idée née dans les bibliothèques

Dans les années 1980 et 1990, les bibliothèques publiques françaises constituent des collections de films, en particulier documentaires, avec des droits de prêt et de consultation. Les bibliothécaires spécialisés dans l'audiovisuel se regroupent au sein d'Images en bibliothèques, association qui assure la formation, la veille et la sélection de films pour les établissements.

Le Mois du film documentaire naît de cette dynamique : rendre visibles ces collections, faire de la bibliothèque un lieu de projection et de débat, et offrir aux films documentaires une circulation que la salle de cinéma ne leur garantit pas toujours. Le principe est volontairement souple : chacun participe à sa mesure, d'une séance unique dans un village à un programme d'un mois dans une grande ville.

Qui organise les séances ?

Des coordinations régionales, souvent assurées par l'agence régionale du cinéma ou par une structure d'éducation à l'image, accompagnent les participants. En Occitanie, l'agence Occitanie Films a ainsi publié des brochures recensant les séances du Mois du doc dans la région.

Organiser une séance dans une petite commune

  1. Choisir un film en lien avec les centres d'intérêt du public ou avec le territoire : agriculture, patrimoine, environnement, portrait d'artiste, histoire locale. Les sélections proposées par les coordinations sont un bon point de départ.
  2. Vérifier les droits de projection publique. Un DVD acheté dans le commerce ne donne pas le droit de le projeter en public. Les médiathèques acquièrent des films avec des droits adaptés, et des catalogues publics existent pour les séances non commerciales, comme le catalogue Images de la culture du CNC. Pour les règles générales, voir notre article sur l'organisation d'une projection publique.
  3. Inviter un intervenant : le cinéaste, une personne filmée, un spécialiste du sujet, ou un médiateur formé. C'est souvent la clé d'une séance réussie.
  4. Prévoir la technique : vidéoprojecteur, écran, son, obscurité, et un essai complet la veille.
  5. Communiquer localement : bulletin municipal, affichage chez les commerçants, radio associative, réseaux des associations, établissements scolaires.

Pourquoi novembre ?

Le choix d'un mois d'automne n'est pas un hasard. Les journées raccourcissent, les activités de plein air diminuent, et les lieux culturels de proximité retrouvent leur public. Dans les zones rurales, les séances de fin d'après-midi ou de début de soirée en semaine, ou le dimanche après-midi, fonctionnent souvent mieux que les séances tardives. L'hiver a d'ailleurs longtemps été la saison des projections itinérantes et des veillées cinéma dans les campagnes françaises.

Un levier pour le documentaire de création

Pour les cinéastes, le Mois du doc est une occasion de rencontrer des publics très divers, loin des festivals spécialisés. Certains réalisent en novembre une véritable tournée, de médiathèque en médiathèque. Pour les films, c'est une seconde vie après la diffusion télévisée ou la sortie en salle. Pour les spectateurs, c'est la découverte d'un cinéma qu'ils n'auraient pas forcément choisi spontanément.

Le dispositif a aussi un effet de formation : les bibliothécaires et bénévoles qui organisent une séance apprennent à choisir un film, à préparer un débat et à travailler avec les ayants droit. Beaucoup de festivals de territoire sont nés d'une première séance organisée dans ce cadre. Notre panorama des festivals de documentaire présente quelques-unes de ces manifestations.

Des thématiques et des sélections

Chaque édition propose des pistes de programmation : une thématique générale, des films « coups de cœur », des rétrospectives consacrées à un cinéaste ou à une cinématographie étrangère. Ces propositions ne sont pas obligatoires. Les participants peuvent aussi construire leur programme à partir de leurs propres collections, en lien avec un événement local. Le Centre national du cinéma et de l'image animée relaie chaque année les grandes lignes de l'édition.

Trouver les séances

Le site officiel du Mois du film documentaire recense les séances déclarées par les participants, avec une recherche par lieu. Les sites des médiathèques départementales, des agences régionales du cinéma et des communes publient aussi leurs programmes. Dans le Lot et le Tarn-et-Garonne, comme ailleurs, les médiathèques et les salles de proximité sont les premiers relais d'information.

Sources

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